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Chris le Gardien auteur

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Vols de nuits...

Vols de nuits...

Le soleil longe la colline, perdant de son éclat. Il rougit à vue d'œil. Un bâillement somptueux, fait vibrer le ciel morne ; la fin du jour sonne l'attente. Je suis seul et je pense.

Je ne m'attends plus ...

Quand le soleil s'endort, s'enfonçant peu à peu dans les draps de son couffin ; lorsque les hirondelles, en le berçant de leur chant mélodieux, mélancoliquement ont salué les plateaux et les prairies, j'aime puiser dans ce monde endormi, toute la force fertile de mon inspiration.

Des musiques pénétrantes et hypnotiques, règnent sur la nuit, aux oreilles initiées, et se prolongent dans le mystérieux et sombre couloir de nos peurs vaincues.

J'ose, oui j'ose enfin pénétrer au cœur des formes; observer d'un œil comblé, les délices d'une nature trop pudique. Voyageur éveillé, je m'aventure en elle, en moi : pas à pas, comme on rentre dans l'intime, d'une belle inconnue.

Je plonge dans les eaux chaudes de la beauté initiale, comme on revient à la source des sensations fœtales. Par-delà les idées agitées, les bruits des préjugés vaincus, je perce le paraitre au cœur de ses fonds calmes, substituant à mes anciennes tempêtes, la brise de mes méditations.

Chaque couleur explose, chaque son s'harmonise et s'amplifie dans cet espace sans limite que les humains n'habitent plus. Mes sens, entre ciel et terre, entre nuit et jour, semblent puiser un nouvel oxygène, et redéployer des saveurs oubliées.

Mon esprit jusqu'alors nourri d'obscurité, renait à la lumière d'un jour nouveau qui se déploie.

Ce regard coloré sur un monde jadis muet car trop bruyant, c'est un regard d'Artiste, c'est le Verbe qui nous parle, qui transcende le formé et le déformé, qui nous pousse dans nos derniers retranchements pour couper le fruit pourri de notre absurde condition humaine.

Faisons taire le bruit des mots épuisants auxquels on s'attache toute une vie, qui construisent sur du sable des tours et des forteresses, qui nous enferment dans nos propres geôles, et qui ne signifient rien, sinon la vanité commune à tous les hommes insensibles.

Oui, il est des nuits silencieuses qui parlent plus qu'une Ville en plein jour et qui marquent à jamais leur empreinte indélébile de résonances subtiles.

Il est des lumières plus vives que le soleil du sud à Midi, des silences qui murmurent et qui ne séparent plus.

Il est des nuits discrètes et éternelles, dans le cœur du poète, qui vole de nuit.

 

 

Celui qui ne peut plus éprouver ni étonnement ni surprise est pour ainsi dire mort; ses yeux se sont éteints.

Albert Einstein.

Vols de nuits...