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Chris le Gardien auteur

Chris le Gardien auteur

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Tout autour de Soi est prétexte à la Beauté...

Tout autour de Soi est prétexte à la Beauté...

Tout autour de Soi est prétexte à la Beauté...
Tout autour de Soi est prétexte à la Beauté...

Nous qui cherchons un peu, par delà les limites du préjugé commun, (et nous sommes quelques uns), découvrons que nos rencontres, nos lectures nos intuitions, sont éveil (ou réveil) progressif de l'Unité qui sommeille en nous. Nous sommes ce que nous cherchons et trouvons. Mais toute révélation hâtive pour un cœur non préparé n'est au mieux qu'un miracle. Aucune vérité imposée ne s'installe durablement si elle n'a pas fait l'objet d'une maturation personnelle.

Les "mystères" du Monde sont donc un investissement subjectif total et progressif. Nul besoin de guru ou de maître pour comprendre ce qui cloche en nous. Suivons la voie de notre cœur. Avec un peu de persévérance et quelque méthode, nous avancerons aussi doucement que surement sur sa voie.

L'intime nous guide toujours de l'intérieur vers l'extérieur et nous libère de la sensation d'écrasement et d'étouffement, que la pression immédiate de l'extérieur nous impose naturellement.

Il s'agit de ne bruler aucune étape en nous isolant dans un idéalisme abrupte.

Il ne s'agit pas de faire des efforts intellectuels démesurés pour apprendre des pamphlets et de jolies formules que l'exhibition culturelle aime à étaler en psittacisme infructueux.Il ne s'agit plus de briller. Il s'agit d'entrer en contact et de s'habituer à cette autre dimension du monde, plus complète, plus englobante, plus paisible aussi. Une dimension qui nait, à l'intérieur, comme la lumière nait des ténèbres, sans violence, par strate et aussi naturellement que le monde physique fait Loi. Aristophane ne disait rien d'autre à propos de nos âmes d'enfants : "L'enfant n'est pas un vase qu'on remplit, mais un feu qu'on allume."

J'aime ce silence qui succède au bruit. Car l'un se nourrit de l'autre et le fonde. J'aime ce feu qui allume nos soifs d'absolu et qui nous enflamme de connaissance ésotériques silencieuses et discrètes. J'aime ces secondes qui ne sont plus des heures et qui fondent mes émotions dans la lumière qu'elles génèrent. J'aime le partage, franchir les frontières de l'intime, connaître l'essence sacrée du monde, boire ensemble à l'inaltérable source.

Lorsque s'ouvre cette porte vers l'intime et qu'elle nous guide vers ce que nous avons finalement de plus permanent en nous, nous sommes paradoxalement confrontés à des doutes sévères qui nous mettent mal à l'aise. Pas facile d'être singuliers. Pas facile d'être un fou dans un monde normal.Cocteau disait justement que " les êtres singuliers et leurs actes asociaux sont le charme d’un monde pluriel qui les expulse."

Cette chaleur nouvelle, cette paix intérieure ne serait elle qu'un leurre? Symboliquement nous devenons la cible d'attaques "du malin" qui tente de nous faire raccrocher à nos ténèbres, nous devons persévérer faute de ré-adopter (ou nous réadapter à) nos habitudes et préjugés confortables. Comme j'ai pu l'écrire dans ce blog, le confort de notre caverne nous incite à la paresse.

Les préjugés, (comme l'intolérance d'ailleurs) est un enfermement. Les murs sont si hauts et les portes si closes qu'on en vient à n'aimer et ne supporter que ses paradoxes. C'est une forme de syndrome de Stockholm. On aime son geôlier et sa geôle.

Notre monde judeo-chrétien nous incite à la dichotomie systématique. Tout est duel. Mal et bien paraissent inconciliables, tandis que la morale et l'ordre social nous poussent à adopter des comportements sociaux si conformistes dans les causes qu'ils en deviennent névrotiques dans les effets. Et nous sommes dans le combat et la compétition, dans une résistance quotidienne à ce qui nous entoure, par excès de règles ou en leur absence.

Pourtant! Les désirs ne se combattent pas, ils s'apprivoisent ;nos émotions ne nous privent pas, elles nous enrichissent ; la paix succède aux mouvements de la vie. Cette vérité aussi s'impose doucement.

Le désir? Ce mal que tant de jansénistes ont voulu flageller sur l'autel du pêché mortel. Le serpent qui souffre tant de son impopulaire méfait originel. Qu'y a t-il de plus mort que l'absence de désir? Bien sur, le désir est une vague qui vient de l'extérieur et qui nous pénètre si violemment qu'on est expulsé de soi pour ne faire qu'un long plaisir. Mais ce désir est Vie et la Vie est richesse.

Un fleuve qui ne gronde pas est un fleuve asséché. C'est le mouvement de la vie qui conduit à sa source.

Intégré, dans sa dimension transcendante, de l'intérieur vers l'extérieur, le désir et le plaisir d'ailleurs, est décomplexé, recomposé, recréé. Le désir devient créatif plus que "récréatif" en ce sens qu'il n'est pas " concupiscence", que les plus primitifs censeurs assimilent au "foyer du pécher mortel", qui selon eux, conduit à la déresponsabilisation de l'être, mais bien un acte de création et de contemplation du monde.L'artiste, tire vers le haut, ses émotions par le retournement de son regard. Il n'est plus passif face au monde extérieur mais il renvoie, de l'intérieur, sa propre image du monde en la remodelant. Il en est ainsi de toutes les émotions transcendées y compris de la sexualité. Le tantra ou d'autres philosophies ancestrales ne réduisent pas la sexualité ni à sa fonction reproductrice (assimilation réductrice de l'homme à son animalité) ni à son caractère égoïste ou "égotique". Il s'agit au contraire, d'un rapport absolu, quasi désincarné, ou le corps n'est plus qu'un canal vers l'absolu, ou l'émotion devient extase. Ou l'homme n'est plus esclave mais libre. L'intimité est ici libérée et s'exprime par delà bien et mal.

Dans l'absolu, l' extase (nirvana) , au terme d'un long chemin initiatique, se passe d'ailleurs totalement du corps lui-même, et donc du sexe, puisqu'elle est de nature spirituelle.

Il n'y a donc aucune dichotomie, exceptée celle de nos préjugés communs, à dissocier nos Vies matérielles et spirituelles. Bien au contraire.

N'étant pas moine bouddhiste moi-même, j'éprouve souvent les "soubresauts de la bête" qui résiste en moi à mesure que ma conscience s'éveille. Je l'accueille alors les bras ouverts, tout sourire, en chassant le préjugé qui lui prêtait sa forme si redoutée. La bête n'a plus d'emprise et devient un bel agneau rédempteur. Le loup n'a jamais mangé que ceux qui y croient et lui prêtent crédit. (99 % d'entre nous et souvent aussi les plus sages).

Le Monde est multidimensionnel. Il n'a pas fini de nous surprendre par son étendue tant notre regard n'en a pas encore épuisé tous les recoins cachés. A l'intérieur, le Monde est infiniment nourrissant, sans bornes, sans frontières. Tout ce qu'il montre de sa beauté n'est que la face extérieure de son rayon. Voyage dans le monde. Accueille le en toi. Trouves en le centre. Tu tiens l'infini dans ton cœur.

Les yeux ouverts tu es riche d'émotions ; les yeux fermés tu es riche de sagesse. L'émotion nourrit la sagesse qui la comprend.Si tu ne vois pas l'essentiel c'est que tes yeux sont en train de s'abreuver du monde. Quoi de plus beau que de nager dans l'eau pure du fleuve dès lors que tu sais nager.

Tout autour de Soi est prétexte à la Beauté. L'œil est souvent l'esclave du monde extérieur mais le cœur est toujours prisonnier de soi-même et de son seul regard. Sans l'œil pas de forme ; mais sans cœur pas de Lumière. Le cœur n'a pas besoin des yeux pour voir mais les yeux ont besoin du cœur pour bien voir. Nous sommes ce que nous parvenons à voir. Il n'est plus belle mise à nue que celle qu'un nouveau regard suggère.

Toute exploration hors des limites des sens est un acte de création. on s'engage toujours dans l'inconnu mais c'est un pas qui nous rend libre

L’écho du silence, est une parenthèse d'éternité dans la fureur du monde. Les mots ont un pouvoir : ils font résonner en nous la vibration originelle et désobstruent le chemin qui conduit son écho.

L'art tisse une toile de rêves; L'artiste rend l'esprit à la matière. Le Monde s'assèche sans la sève d'un cœur qui vit et se libère. C'est dans ton cœur que coule la source du Monde. Le regard de l'artiste s'épure de toute cette lourdeur qui consomme le faux. Rappelons nous en à chaque seconde, ici et maintenant. BizZen à tous. Chris.

Les doutes, c'est ce que nous avons de plus intime.

A.CAMUS

L'art est le regard qui plonge au coeur de la Vie.

Romain Rolland